09 septembre 2008
Time to laugh
Il pleut.
J’ai froid.
Je marche.
Lentement, incertaine.
Des ombres inexpressives.
Des corps sans visages.
Des fantômes.
La nuit.
Le silence.
Inquiétant.
J’accélère : j’ai peur.
Quelqu’un marche derrière moi.
Que veut-il ? Qui est-il ?
Ne plus penser.
Courir.
Vite.
Loin.
Plus loin.
Plus vite !
Je me retourne.
Il est toujours là, il me suit.
Vais-je souffrir ? Vais-je mourir ?
Je m’essouffle, je ralentis, il me rattrape…
Il s’approche, tent la main vers moi.
J’ai peur, j’ouvre la bouche.
Je hurle, je supplie.
Aidez-moi !
Pitié !
Je tombe.
Je suis trempée.
Par la pluie, par mes larmes.
J’ouvre les yeux, et le vois face à moi.
Son visage est tordu d’un sourire sadique.
Je suis plaquée à terre, immobile, je bouge, je tape, je me débat.
Il me tord le bras, j’ai mal donc je crie : sa grosse main se plaque sur ma bouche.
Tais-toi donc petite garce, si tu continues, je croquerai ta langue, te la ferai mâcher, puis je te tuerai.
Je sens mon cœur exploser dans ma poitrine, d’effroi, ou d’excitation masochiste…
« Tu ne souffriras pas, tu verras », dit-il tout en me broyant un à un les doigts.
Son marteau est plein de mon sang, rouge, brillant, alléchant…
Il s’attaque à ma main, puis mon bras, et mes jambes…
Je ne serai bientôt plus qu’un tas de chair.
De la chair et des os broyés.
Et je ris, je ris, je ris !
Et il rit avec moi !
Je souffre.
Et ris.
Ris donc !
Ris tant que tu le peux !
Il s’attaque à mes dents, et je ris.
Une à une, elles tombent à terre, et mon sang coule.
Il décide finalement de me couper la langue, et moi je ris.
Je ris, je ris, et je souris, et il rit, nous rions ensemble, comme de bons amis…
Ma voix résonne au milieu de la nuit, de cette petite ruelle sans vie…
Puis le marteau se lève, au dessus de ma tête, et descend.
Je le regarde s’approcher, et je ris.
Je sens sa froideur, et je ris.
Je ris, et il tombe.
Et je ne ris plus.
Je meurs.
21 juin 2008
Réflexion 1
Assise, j'ouvre le livre.
Je tourne les pages, une à une, lentement, attentivement, observant les couleurs, les formes, les lettres...Peu de lettres.
Des images fortes, qui m'envahissent, m'étourdissent, des images qui me touchent, des images si puissantes que j'en défaillirai presque.
Mais surtout, des sentiments.
Tristesse? Mélancolie? Compassion? Peut-être. Désespoir? Amour? Sûrement.
Cette fille, je m'en sens si proche, et lointaine à la fois. Cette impression d'un monde irréel, d'un rêve. Et quand CELA arrive, on souhaite que la vie soit un rêve, un songe. Mais CELA peut être beaucoup de choses. Pour moi, CELA est ceci, cette chose qu'elle n'a pas connu. Pour elle, c'est autre chose, quelque chose de grave, de profond, mais que je me surprends à penser par instant.
Un monde irréel, peuplé de personnes irréelles. L'impression d'être soit-même irréel. Cette impression d'être vide. Une enveloppe, dénuée d'âme. Pourtant j'en ai une. Peut-être alors est-ce juste une façon de voir le monde avec détachement, de ne plus s'étonner de ces choses qui perturbent, qui choquent.
Parfois, l'envie survient de s'échapper, de s'enfuir, de ce monde, de se libérer en fait des chaines qui se forment autour de nous.
Pourtant, ce monde est beau. J'aime le monde dans lequel je vis.
Mais ce monde est parfois injuste, horrible, cruel. Pourquoi ces gens souffrent de solitude, alors que la Terre est peuplée de milliards d'êtres, parfois merveilleux, parfois hideux, mais des êtres à aimer, ou à haïr, mais qui sont là pour nous, pour partager une vie, un monde, peut-être irréel, certes, mais un monde qu'on partage ?
Alors, quand un sentiment désagréable au coeur humain nous envahit, une envie apparait : L'envie de s'évader. L'idée qui nous traverse alors l'esprit est : peut-être existe-t-il un monde meilleur ailleurs ? Peut-être est-il possible d'échapper à ces douleurs, à ces injustices ? Alors on se lance. On se jette à bras ouvert dans ce peut-être.
Mais peut-être la vérité est-elle toute autre. Peut-être l'ailleurs, le meilleur n'est-il en fait qu'un monde de douleur, de souffrance?
Ou peut-être que cet autre monde n'est rien.
Rien.
Ce mot peut faire frissonner, voire trembler le plus dur des coeurs humains. Avec le RIEN, l'homme n'est rien. L'Homme à besoin de l'Autre pour vivre, pour se faire une place en société, pour se comparer, s'estimer, et pour aimer. Si l'Autre disparait, l'Homme disparait avec lui. Sans l'Autre, l'Homme n'est rien. Et quoi de pire pour l'être humain que de n'être rien ?
Alors il faut se dire que malgré les injustices, malgré les souffrances, malgré l'horreur et la cruauté du monde dans lequel nous évoluons, il y a aussi des biens, de doux sentiments tel que l'Amour, l'Estime, la Générosité.
Alors il ne faut pas s'enfuir. Il faut AFFRONTER. Affronter la cruauté du monde, pour arriver à quelque chose de plus doux, de plus agréable au coeur et à l'âme.
Le monde est un champ de bataille, sur lequel il faut affronter et vaincre les pires sentiments, il faut surmonter, il faut se BATTRE.
L'Homme qui ne se bat pas est un Homme mort.
Il ne trouvera jamais la paix, ou l'amour.
Chaque expérience amène de nouvelles souffrances, mais chaque souffrance, aussi puissante soit-elle, amène de nouveaux temps de paix.
Cette paix, c'est la paix intérieure, et c'est à cette paix que chaque homme doit aspirer.
Il faut se battre, mais surtout il faut vaincre.
Il faut surmonter.
Et pour aider à surmonter, il existe l'un des plus doux des sentiments, qui s'appelle :
ESPOIR.
(Image : Benjamin : http://blog.sina.com.cn/benjamin)
21 mai 2008
Pensée 1
Une absence.
Un dégoût.
Une douleur.
Des vertiges.
Quelle étrange impression.
Quelle étrange impression que d'avoir le sentiment d'être abandonnée.
D'être livrée à soi-même.
D'être vulnérable.
De ne pas être indestructible.
De ne pas être un super-héros.
L'impression d'être sorti d'un rêve paisible et merveilleux, et d'entrer dans un autre, plus réaliste et plus effrayant.
Qui me défendra si je me fais agresser ?
Où sont les bras protecteurs auxquels j'étais habituée ?
Où est mon ange gardien ?
Et pourquoi, au moment où tu pars, lui survient, lui que je n'ai plus jamais voulu revoir, lui, si obscène, si peu délicat, lui qui n'a toujours pas compris que jamais il ne te remplacera...?
Et pourquoi, quand tu pars, je me fais embêter par cet homme qui, depuis des années me fait entendre la même rengaine : "vous êtes très jolie..." ?
Cet homme même contre qui tu voulais me protéger (mais oui, la bombe lacrymo, tu ne t'en souviens pas ?)
Et pourquoi, quand tu t'en vas, je prends conscience que je suis vraiment seule ?
J'ai envie de m'amuser. J'ai envie de rencontrer des gens.
J'ai envie de bouger. J'ai envie de faire la fête.
J'ai envie d'aimer. J'ai envie qu'on m'aime.
Mais je t'aime. Tu m'aimes.
Alors pourquoi?
Pourquoi ça ?
Je connais la réponse. Mais c'est dur.
Dur de comprendre. Dur de réaliser.
J'ai l'impression que si je le souhaite, je n'ai qu'à prendre mon téléphone et t'appeler.
J'ai l'impression que je te verrai bientôt.
Je n'ai pas l'impression que c'est terminé.
J'ai l'impression que ça va continuer.
Pourtant, je suis bel et bien seule.
Mais alors, pour qui vais-je me faire jolie ? Je n'ai donc plus de raison de plaire ?
A qui penserai-je le soir, en m'endormant ?
A qui parlerai-je, quand je pense à elle ? Quand je suis triste ?
A qui raconterai-je ma petite vie ?
Et quelle est cette boule qui a pris place dans ma gorge, et qui m'empêche de boire et de manger?
Mais je vais devenir forte.
Je vais devenir quelqu'un de bien.
Je vais t'impressionner.
Je vais BRILLER.
(Image : Blanquet : www.blanquet.com/)
07 avril 2008
Rêve 1
Une musique. Une voix. Une mélodie douce et lointaine, que je perçois à peine.
Qu'est-ce donc ? L'homme parle, puis crie. J'entends. J'écoute. Je ne comprends pas. Des sons, sans sens, juste des sons qui traversent mon esprit. Des sons inaudibles.
J'avance. Je suis attirée. Comme si quelqu'un me tenait par la main et m'amenait jusqu'à ces étranges bruits.
Je rêve.
Une ville. Il fait sombre. De grands immeubles gris. Je croise un homme aux cheveux rouges, vêtu d'une veste cloutée. Il m'observe. Ses lèvres bougent. Je ne comprends pas. A l'ombre d'un vieil immeuble brûlé, un homme et une femme sont reliés par de longs filets de bave qui s'entremêlent et dégoulinent mollement sur le sol humide. Il pleut. Je ne cherche pas à m'abriter. Je continue d'avancer vers les sons qui m'attirent.
Une devanture de magasin. Je m'observe. Mes cheveux sont trempés. Je n'ai qu'un pauvre débardeur déchiré à l'encolure et une vieille jupe ternie par les ans. Mon maquillage dégouline. J'ai de gros cernes noirs sous les yeux. Depuis combien de temps n'ai-je pas dormi ?
Je ne sais pas où je suis. Je ne reconnais rien. Ni les immeubles, ni les gens. Je tente d'adresser la parole à un passant. Un groupe d'hommes, tous étrangement vêtus. "Jim, on va au Dark Dog ce soir?" Ce Jim ayant l'air le plus "correct" d'entre tous, je décide que c'est à lui que s'adressera ma question existensielle. "Excusez-moi..." Un regard noir, il me pousse, puis s'éloigne avec sa bande. Je tombe les fesses sur le sol mouillé. Un ricanement. Je lui jette un regard haineux. Il se retourne et s'en va. Je vois s'éloigner ses longs cheveux noirs et brillants de gras, de sueur et de pluie.
Je reste un moment à terre, à réfléchir à ma situation. Un mal de tête me prend. Impossible de me concentrer. Mon bras se soulève. Un homme aux cheveux verts relevés avec du gel m'agrippe, et me tire pour m'aider à me relever. Il ne lâche pas mon bras et m'emmène je ne sais où. Pas un regard, pas un mot. Je le suis.
On traverse la rue. Pas une voiture. Je me laisse guider par ce jeune inconnu. J'observe le paysage qui défile devant mes yeux. Que de sombres et effrayants immeubles, de petites ruelles dans lesquelles des chiens errants renversent les poubelles à la recherche de nourriture. On emprunte l'une de ces ruelles. J'aperçois au fond une petite porte rouge. On s'approche. Il y est inscrit en lettre d'un noir délavé "Dark Dog". "Tiens, le groupe de tout à l'heure en parlait". On entre. Une étrange musique arrive jusqu'à moi.
La musique.
Elle se fait plus présente. J'observe. Des tables salies, un bar miteux, un cafard se dandine à mes pieds.
L'homme me tient toujours le bras. Il me fait signe de m'asseoir sur la banquette. Elle est en cuir rouge. Pleine de tâches (je ne préfère pas savoir de quoi) et de trous. J'obéis. Il s'assoie face à moi. Il fait signe au serveur. "Deux bières". C'est la première fois que j'entends sa voix. Pas désagréable. dans mon verre flotte un poil ou un cheveu, sans doute du barman que j'aperçois au fond. Je le retire et commence à boire. La mousse s'étale sur mes lèvres. La bière pétille dans ma bouche. Une bière sans goût. Il me regarde. Il m'observe. "Tu viens d'où?", "J'en sais rien." Un long silence s'installe. je bois à petites gorgées, il à déjà entamé son second verre. Je sens une main sur mon épaule mais n'y prête pas attention. Une voix dans mon oreille. Je continue d'observer l'homme aux cheveux verts. Une main sur ma poitrine. "Et toi tu viens d'où?", "D'ici". Il se lève et s'en va. Je le regarde s'éloigner. Il passe la porte. Il a laissé de quoi payer sur la table. Une honnête personne.
Je regarde l'homme à demi affalé sur moi, bavant dans mon décolleté. La musique résonne toujours dans mes oreilles. C'est agréable. C'est l'homme aux long cheveux noirs de tout à l'heure. Il est rouge. Déjà bien entamé par l'alcool. Je m'ennuie. Je le laisse faire. Il m'allonge sur la banquette. Je continue d'écouter la voix du chanteur. Je me demande s'il pleut toujours dehors. Je tourne la tête. Un peu plus loin, une grosse dame est affairée avec un serveur. J'essaye de comprendre leur position. Ces gens sont répugnants. L'homme qui m'accompagne s'active. Reverrai-je un jour l'homme aux cheveux verts? Il accélère. Je pense qu'il a bientôt fini. Quelqu'un passe devant notre table. C'est le dénommé Jim de tout à l'heure. Il me regarde, rit, puis s'en va. Il revient quelques minutes après avec ses amis ; ils commencent à observer la scène. Je leur fait un signe de main. Mon "compagnon" a fini sa besogne et s'en va en poussant un soupir de satisfaction. Les autres le suivent. Je reste allongée un moment. Le serveur qui accompagnait la grosse dame s'approche et me demande si j'ai besoin de quelque chose. Je m'assoies, le regarde. "Un verre d'eau". "On ne sert pas de ça ici". "Conduisez-moi à la musique".
Il me fait signe de le suivre. Je me lève. Il m'emmène en arrière salle. Un vieux jukebox crache une musique violente et triste. Les paroles sont dans une langue que je ne connais pas. J'écoute. Elle me pénètre. Elle m'apaise. Je ferme les yeux et me laisse guider par la douce mélodie. J'écoute et je me sens bien. J'écoute et je sens un étrange sentiment m'envahir. Ce n'est pas de la tristesse, pas de la mélancolie, pas de la haine, pas de la peine. C'est pourtant un sentiment très fort.
L'amour ?
Mon réveil sonne enfin.
(image de Seb Cazes : http://www.myspace.com/sebcazes )
06 avril 2008
Souvenirs 1
Une reflexion sur le passé, les amis oubliés...
Un appareil. Des photos. Mais qu'est-ce donc ? C'est moi ? Ah ! C'est elle ! Je me souviens ! L'été dernier..La plage, le sable, le soleil et nous deux...Et là ! Ah ! C'est lui ! Comme il était beau ! Je me souviens comme on s'amusait...Le temps nous a rattrapé...Je me suis éloignée...J'ai changé...Mais pourquoi ? Comment? A cause ( ou grâce) à lui ? Oui c'est sans doute ça. Pourtant cette période me manque terriblement. On s'amusait ! On trainait dans les rues, on rigolait, c'était bien. Je sens encore le soleil de l'été qui tapait sur nos têtes...C'était tellement bon...
La nostalgie.
Etrange sentiment que la nostalgie.
Je ne regrette pas. Je ne regrette rien. Non. Au contraire ? Peut-être pas.
Mais que deviennent-ils? Que font-ils ? Se souviennent-ils encore de moi ? De nos moment passés ensemble? On riait, on s'amusait ! Je crois bien ne m'être plus jamais amusée comme ça depuis.
Internet. Google. Une recherche. Quel était son blog ? Son pseudo ?
Un sms. "Que deviens-tu ?"
Une réponse. "Je suis toujours avec elle, je vais bien."
Cela ne me satisfait pas. C'est trop peu.
Et lui ? Myspace. Je le trouve. Je la trouve. Je les trouve ! Un mail à chacun, et en attente d'une réponse.
Attente interminable. Vont-ils répondre ? Se reverra-t-on prochainement ? Ca me manque ! Je n'ai jamais eu d'aussi bons amis depuis.
Comment peut-on s'éloigner de personnes avec qui nous entretenions des liens aussi forts en à peine quelques semaines ?
Je me souviens....Il y a deux ans...Début d'une grande amitié pour moi.
Je ne regrette rien, mais j'espère...
09 février 2008
It was a W
W.
Qu'est ce que W?
Pour Georges Perec, W est un souvenir d'une sombre et lointaine enfance.
Pour moi, W est une lettre parfaitement symétrique, formée de deux V collés par leur deux extrémités, formant comme des jumeaux, des frères siamois. W est une montagne ou deux vallées, une forêt, un bec, un M renversé. Pour tout dire, W est un monde.
Un monde.
Un monde symétrique. Un monde parfait.
W est la lettre parfaite.
W représente un monde dont je pourrais dire que je rêve. W est mon monde intérieur. Un monde inventé par moi même, pour moi même. Un monde inaccessible au reste du monde.
"Mais pourquoi W ? pourquoi pas T, ou H ? Ces lettres sont aussi symétriques que le W !"
"Pourquoi me demandez-vous? Parce que. Je vous en pose moi des questions ? Oui ! une à l'instant même ! Alors rectifions. Je ne vous pose AUCUNE question.
Les questions, c'est à moi même que je les pose ! Et à personne d'autre ! Mon esprit est rempli de questions ! A gauche et à droite, en haut et en bas, partout, mon esprit même EST une question ! Pourquoi la terre est ronde, pourquoi vivons-nous, est-ce que je verrai des martiens un jour, puis-je me faire une salade avec les feuilles de mon palmier, peut-on jouer de l'harmonica en soufflant par le nez ?"
La plupart des gens penseront alors : "mais ces questions sont stupides !"
Or, n'est stupide que la stupidité ! (Forrest Gump) Il n'existe aucun question stupide, aussi étrange puisse-t-elle sembler ! A chaque question on peut associer une réponse rationnelle, le plus dur étant de la trouver !
Après vous avoir remué la cervelle de ces étranges histoires, je vous laisse y méditer !
(image de Blanquet : http://www.blanquet.com/ )
Dante




